25/08/2017

Martin Eden - Jack London

téléchargement.jpgLu et commenté par Georges

smilesmilesmile Je ne sais pour quelle mystérieuse raison, un matin, j'ai décidé de ne plus lire de romans. Après de longues années de carême, j'ai retrouvé l'envie avec toutefois un appétit d'oiseau. Quant à se nourrir à nouveau d'une romanesque pâtée, autant que la qualité y soit. Alors choisissons un chef-d'oeuvre ! 

Martin Eden, considéré comme tel, m'a réconcilié avec la fiction. Les quelques longueurs, perceptibles notamment à la lecture des interminables refus que le personnage subit de la part des éditeurs n'acceptant pas sa littérature, sont compensées par des fulgurances d'idées qui dérangent, émeuvent et révoltent.  C'est probablement là le propre du chef-d'oeuvre.

Même si nous ne nous identifions jamais avec le personnage de Martin, sa vie (qui est en grande partie celle de Jack London), et son désir d'ascension sociale sont dépeints avec un foisonnement de détails et d'analyses psychologiques dignes de Proust.

Je ne suis pas prêt d'oublier la lente descente de Martin dans l'Océan Pacifique, et sa plongée de l'autre côté du miroir.

"Cette souffrance n'était pas la mort, se dit-il dans une demi-inconscience. La mort ne faisait pas mal. Non, c'était la vie, cette atroce sensation d'étouffement, le dernier mauvais coup que lui portait la vie. Ses mains et ses pieds se mirent à battre l’eau de tous côtés, dans des soubresauts désespérés. Il était descendu trop bas. Il croyait flotter langoureusement dans une vision de rêve. Des rayons des couleurs l'entouraient, le baignaient, le pénétraient. On eût dit un phare. Mais non, c'était dans son cerveau - un éclair de lumière blanche, une lumière de plus en plus vive.  Il y eu un long bourdonnement, puis il eut l'impression de tomber dans un vaste escalier sans fin.  Tout en bas, c'étaient les ténèbres.  Cela, il le savait. Il sombrait dans les ténèbres.   Et, au moment où il le sut, il cessa de le savoir."

Lu en août 2017

13:23 Écrit par Arlette Driessens | Lien permanent | Commentaires (0)

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